Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant,
d'une belle inconnue que je baise et qui me baise.
Et qui n'est chaque fois ni tout à fait dans la même position ni tout à fait dans une autre, me suce et me fait plaisir.
Car elle sait me faire jouir, et mon sperme transparent
Pour elle seule, hélas ! ne cesse ne se répandre
Pour elle seule, et les moiteurs de mes draps blancs,
Elle seule les sait rafraîchir, en mouillant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? --Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.